Foire aux questions

Nous vous proposons dans cet espace des réponses aux questions ou objections que nous entendons.

Il vaut mieux acheter du porc français qu’espagnol.
C’est une phrase qui a autant de sens que de dire « il vaut mieux acheter des fleurs à sa femme que de la battre ». Parce que les deux termes accolés ne font pas sens, ne créent pas l’évidence. Ici la question se traduit par « vous préférez acheter de la merde française ou de la merde espagnole ? » Cruel dilemme, j’hésite…
Nous avons un groupe industriel qui revendique le monde comme débouché pour écouler sa production, qui se plaint d’ailleurs d’un embargo l’empêchant de commercer avec la Russie. Le marché français est un pourcentage dans le bilan d’une société financière mondialisée mais devient argument patriotique sur une affiche publicitaire parce qu’acheter français fait vendre, parce que nous culpabilisons encore malgré tout ce qu’ils sont capables de nous faire. Ils n’ont pas d’état d’âme à pourrir notre sol, notre air, notre terre pour aller vendre à l’exportation ce qu’ils présenteront comme le fruit de l’excellence française, comme un carré de tissu d’un grand couturier. Le cochon qui mange des tourteaux de soja d’Amérique latine est-il encore français ? les antibiotiques dont il est gavé sont-ils français ? Le caillebotis sur lequel il déprime est-il français ? Ceux qui nous invectivent et nous font culpabiliser de ne pas acheter français le font-ils eux-mêmes? Un cochon issu de manipulations génétiques en laboratoire, né d’insémination artificielle dans un élevage hors sol est-il français ?  Non à toutes ces questions. Il est le même que dans un élevage industriel en Bretagne, en Hollande, en Allemagne, en Chine et demain dans l’espace. C’est un apatride (qui plus est torturé de la naissance à l’abattoir). Alors toutes choses égales par ailleurs, à deux cochons issus de deux usines semblables, l’une en France l’autre en Espagne, vaut -il mieux acheter le français ? Non ! Il ne faut acheter ni l’un ni l’autre. Il faut chercher le cochon issu d’un élevage sain, à taille humaine, avec des paysans producteurs et non des ouvriers sous payés pour le plus grand bonheur d’actionnaires millionnaires… Ou ne pas en manger. Si c’est l’espagnol qui nous respecte, va pour l’espagnol !

N’oubliez pas la devise du groupe Cirhyo : « la première mission de CIRHYO est d’assurer à ses adhérents des débouchés rémunérateurs »… pas de s’inquiéter des riverains ni des animaux en batterie.

La porcherie existe, si on ne permet pas à une entreprise de la reprendre, que va-t-on faire du site ?
On retrouve le même problème sur tout site sur lequel il y avait anciennement une usine polluante,  une centrale nucléaire… (Est-ce que le contrat de vente parle du toit en amiante. Y a-t-il une clause protégeant le vendeur et l’acheteur des dommages futurs ? Qui va payer de sa santé et de ses impôts l’inévitable délabrement de ce toit ?)
Alors qu’un départ en retraite peut être l’occasion pour la mairie de reprendre la main, parce que le cédant ne faisait pas mieux que le repreneur. On peut réfléchir, penser le site pour autre chose plutôt que de poursuivre dans la même voie alors qu’aujourd’hui nous savons tous ce que quelques uns pensaient il y a quarante ans ; cette agriculture est une impasse, elle détruit tout, la terre, l’eau, l’air, les hommes, la biodiversité.  Elle ne survit qu’à coups de subventions, d’exonérations et de dérogations fiscales, de lobbying et de pressions d’un syndicat hégémonique et de filières très structurées, au national comme à Bruxelles. Poursuivre c’est nous condamner, tous.
On peut imaginer une solution. Humaine. A l’échelle du territoire. Transformer le site pour y accueillir une agriculture respectueuse de l’homme et de l’environnement.

C’est 6 emplois sur le territoire
On a entendu le trio des partisans maire d’Ars, industriel et représentant de la communauté de commune nous le dire. C’est sûr, en ces temps de misère sociale, avec autant de chômeurs, l’argument porte et a tout lieu de séduire aussi le préfet, représentant de l’état, qui pourrait se voir reprocher de refuser pareille aubaine.
D’abord méfions-nous du chiffre. 6 emplois à 35 heures en CDI ? On sait la tentation forte pour un repreneur de garantir beaucoup d’emplois, de promettre de ne pas licencier, sachant qu’il n’encoure aucune sanction en cas de mensonge avéré. Ici comme ailleurs, nous sommes piégés par ce chiffre qui n’engage que celui qui y croit.
Des emplois d’ouvriers faiblement qualifiés et sous-rémunérés, avec exonérations de charges sociales, en attendant une robotisation excluante…
Des emplois ingrats qu’aucun de nos trois protagonistes n’exercera jamais, qu’aucun de nous ne souhaite pour ses enfants, pour lesquels on attend impatiemment que la MSA engage des programmes de recherche transparents sur les risques sanitaires encourus, l’espérance de vie en bonne santé…
Ce chiffre 6  n’inclut pas les emplois induits. Sauf pour les travaux d’agrandissement et d’aménagement prévus, pour lesquels l’industriel fait miroiter du travail à des entreprises locales. C’est habile. Autant de partisans putatifs qui voleront dans les plumes des opposants au motif qu’on les empêche de travailler. Diviser pour régner.  Mais il nous a dit qu’il nourrirait les gorets avec des céréales locales avant de dire qu’il leur donnerait du tourteau de soja brésilien. Alors on peut imaginer que les travaux demain pourraient être faits par des sociétés peu regardantes sur leurs ouvriers pourvu qu’elles soient les moins disantes, donc pas forcément locales, voir même carrément des ouvriers des pays de l’Est…
Dans les emplois induits il y aura les médecins qui auront à traiter les maladies respiratoires, les dépressions… Les avocats en charge des plaintes et des recours. Les sociétés de dépollution d’eau (bientôt de terre et d’air). Les transporteurs routiers de gorets, animaux morts, nourriture brésilienne…
Les marchands d’insecticides (attention aux cancers quand même), tapettes à mouches, moustiquaires…
Par contre les marchands de mobilier extérieur vont faire grise mine car difficile de profiter de son jardin avec une telle odeur.

On donnera de l’engrais naturel aux agriculteurs locaux ce qui leur évitera d’acheter de l’engrais chimique
Cet engrais n’est pas naturel, il est chimique, issu d’un élevage intensif…
On oppose là encore les habitants d’un même territoire avec les opposants à la pollution globale et ses conséquence mortifères à une poignée d’agriculteurs ravis d’avoir un épandage d’engrais gratuit sans voir plus loin que ça, sans s’interroger notamment sur la destruction des sols qui rend aujourd’hui obligatoires des intrants ignorés pendant des siècles…

 

Ars n’est pas sous les vents dominants
C’est ainsi que le maire balaye le problème de l’odeur du lisier, soit plus de 9000m3 par an. Si ce n’est toi c’est donc ton frère (dit le renard à l’agneau dans la fable la raison du plus fort de Jean de la Fontaine). Si ce n’est pas Ars c’est une autre ville qui va déguster, mais du coup ce n’est plus le problème d’Ars. Où on voit qu’il ne se sent le frère de personne. Et l’épandage sur un secteur qui impacte le territoire tout entier, plusieurs communes… sœurs ? Pas un problème.

Ars n’est pas concernée par les eaux polluées.
A question posée sur l’eau polluée qu’il faudra retraiter, le maire d’Ars renvoie le problème à la communauté de commune et à Trévoux dont dépend la station d’épuration. Qui paiera demain des travaux sur la station pour qu’elle retraite mieux produits chimiques et médicamenteux qui aujourd’hui sont mal traités ?

L’eau devient un bien rare, c’est un bien commun. Pourquoi donner notre eau à une société qui va nous la rendre pour partie polluée et va garder pour elle le profit qu’elle en tire, en vendant à l’export les porcs issus de l’élevage ?

Je mets au défi quiconque de dire que nos produits sont moins bons qu’ailleurs.
C’est ce que nous a dit cet industriel en réunion publique. Si dans le bon, il y a la qualité gustative, la valeur nutritive et les conséquences sur la santé de l’ingestion de  produits chimiques issus de l’élevage, de la transformation et  de l’emballage, son assertion doit se discuter.  Certains industriels du porc utilisent des produits qui peuvent être cancérigènes pour l’homme, pour que la viande stocke l’eau par exemple, pèse plus lourd et ainsi gagner plus d’argent, que l’on mesure quand on voit fondre la viande dans la poêle. Ce serait intéressant d’en savoir plus sur les pratiques de notre futur voisin. Mais on ne peut malheureusement rentrer dans ces usines, élevages, abattage, transformation, au nom de la propriété privé et des secrets de fabrication. Dur de relever le défi. Dormez braves gens…

Regardez au hasard ce lien sur du jambon sous vide, sans que l’on puisse dire à ce stade que notre industriel recourt à des pratiques similaires : http://www.consoglobe.com/jambon-herta-cg